Le Méta-radeau en définition

Radeau: assemblage de pièces de bois ou de divers éléments flottants qui sont liées ensemble et qui forment une sorte de plancher flottant.

Méta : est un préfixe qui indique  la participation, la succession, le changement… dans l’action.

Méta-radeau : est un  outil-véhicule  des « protocoles méta» pour conjuguer différentes expérimentations…

Le méta-radeau  est conçu pour de multiples usages :

Objet d’expérimentation. Il permet des échappées, des dérives réelles et imaginaires, et d’explorer des déperformances…Une  « époché » expérimentale en art, où sont mis en jeux migration, exode, dérive, fugue… 

Objet de procession. Démonté en différents modules, le méta-radeau peut être transporté à dos d’hommes par plusieurs personnes d’un site à un autre, et  devenir le prétexte de diverses  expériences de déambulations.

Objet plateau.  Il est également un promontoire-praticable  qui permet différentes activités….

Support de l’imaginaire. Il est évidemment un support pour l’imaginaire et un médium pour les différents intervenants et participants des sessions méta.

Support politique. Comment sortir de la sur-production actuelle tant artistique qu’extra-artistique modéliser par l’hégémonie de l’économie marchande. L’idée est bien  de travailler ce radeau à partir des notions de déproduction, d’exode, de fugue, d’échappée, de pas de côté, d’écart, de tangente, de survie, de vagabondage, où l’on emporte l’essentiel…

Un méta-radeau peut être mental, physique, d’un bloc ou modulaire, assemblé ou dispersé, microscopique ou très grand, neutre ou très colorés…

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Présentation du Méta-radeau

Une proposition de Jean-Paul Thibeau

Il s’agirait de percevoir traverses et inattendus tel un méta-radeau.

Une plateforme flottante construite avec les moyens du bord et surtout les énergies conjuguées des métanautes (tout participant à une session protocoles méta, est un métanaute : un expérimentateur de l’espace-temps  méta…). En fait vous le comprenez : chacun, chacune de nous constitue un élément vivant de ce méta-radeau…

C’est à la fois une robinsonnade et une re-subjectivation de nos rapports aux autres et à soi sur un océan composite où se fécondent rencontre, indétermination, hospitalité et improvisation !

D’ores et déjà,  je voudrais vous faire partager cette très belle réflexion de Fernand Deligny :

« J’ai usé de l’image du radeau pour évoquer ce qu’il en est de cette tentative, ne serait‐ce que pour faire entendre qu’elle doit éviter d’être surchargée sous peine de s’enfoncer ou de faire basculer le radeau s’il est mal chargé, la charge mal répartie. (…) Un radeau, vous savez comment c’est fait : il y a des troncs de bois reliés entre eux de manière assez lâche, si bien que lorsque s’abattent les montagnes d’eau, l’eau passe à travers les troncs écartés. C’est par là qu’un radeau n’est pas un esquif. Autrement dit : nous ne retenons pas les questions. Notre liberté relative vient de cette structure rudimentaire dont je pense que ceux qui l’ont conçue ‐je veux parler du radeau‐ ont fait du mieux qu’ils ont pu, alors qu’ils n’étaient pas en mesure de construire une embarcation. Quand les questions s’abattent, nous ne serrons pas les rangs —nous ne joignons pas les troncs— pour constituer une plate‐forme concertée. Bien au contraire. Nous ne maintenons du projet que ce qui du projet nous relie. Vous voyez par là l’importance primordiale des liens et du mode d’attache, et de la distance même que les troncs peuvent prendre entre eux. Il faut que le lien soit suffisamment lâche et qu’il ne lâche pas. »